Comté de Mortain

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Le comté de Mortain fut un comté médiéval centré sur la ville de Mortain (Manche). Sa création remonte probablement au premier quart du XIe siècle quand le duc de Normandie Richard II installa des comtes sur les marges de son duché[1]. Vers 1015, un comte fut d'abord placé à Avranches[2]. L'Avranchin, proche de la frontière avec le duché de Bretagne, subissait souvent des incursions bretonnes et angevines. D'autre part, étant situé à l'extrêmité sud-ouest du duché, le comté servait de relais à l'autorité ducale. Avant 1050, le Mortainais fut démembré de l'Avranchin pour former une entité indépendante, face au comté du Maine.

Mortain sur une carte de la Normandie historique
Mortain sur une carte de la Normandie historique

Les ducs de Normandie y placèrent des membres de leur famille comme comte. Il est assez difficile de savoir qui fut le premier comte de Mortain car, avant 1040, les textes ne désignent pas les comtes avec leur lieu d'implantation[3], et le titre comte n'est pas d'un usage courant[4].

Le comté n'avait pas beaucoup d'autonomie contrairement par exemple au comté d'Eu. Il fut une unité politique cohérente à partir de la moitié du XIe jusqu'au XIIIe siècle. Il resta en relation étroite avec le pouvoir ducal jusqu'à ce qu'il soit en partie démembré par Louis X le Hutin en avril 1235[5]. Mortain ainsi que le comté limitrophe de Domfront furent partagés entre Mathilde de Dammartin, comtesse de Boulogne, qui reçut un tiers du territoire, et le roi, qui garda le reste[6].

Sommaire

[modifier] Géographie

L'honneur de Mortain avait pour cœur la large vallée de la Sélune, que l'on appelle val de Mortain. Il comprenait aussi des revenus de la foire de Montmartin, et à l'époque d'Étienne de Blois puis de son fils Guillaume (v. 1006 - 1106), il semble inclure la ville de Coutances elle-même[5],[7]. Avant 1106, cet honneur incluait aussi le château de La Haye-du-Puits.

[modifier] Places fortes

Guillaume Longue-Épée aurait construit le premier château-fort de Mortain. Les autres places fortifiées importantes du comté étaient les châteaux de Saint-James-de-Beuvron, de Cérences, de Teilleul et de Tinchebray.

[modifier] Histoire du comté

Geoffroy Plantagenêt, le mari de l'Emperesse attaqua la Normandie en 1137 et en 1141. Mortain était évidemment en première ligne, et le comté de Mortain et l'Avranchin furent conquis en 1142 par Henri de Fougères[8]. Geoffroy devient duc de Normandie de jure uxoris en 1144.

Après l'invasion de la Normandie en 1204, le roi Philippe Auguste ne s'aventura que rarement dans l'ouest du duché. Il vint pour la première fois à Mortain en 1211, mais accompagné d'une armée.

À la suite de la révolte de de Renaud de Dammartin, Pierre du Thillay, bailli français basé à Caen, prend rapidement le contrôle du comté. Dès 1212, il y tient des assises avec son beau-fils Eudes du Tremblay, le châtelain royal de Mortain. Pierre du Thillay supervisa les affaires du comté pendant quelques années avant que le roi ne le donne au beau-fils de Dammartin, Philippe Hurepel, vers 1222-1223. À partir de ce moment, l'administration comitale reprit son cours[9].

Vers la fin de 1354, le roi de France Charles V décida la confiscation de tous les domaines de Charles II de Navarre (dit le Mauvais), roi de Navarre, en France. Le roi envoya ses troupes prendre possessions des terres et châteaux de Charles, et la plupart des places se rendirent. Cherbourg, Avranches, Gavray, Évreux, Pont-Audemer et Mortain résistèrent. Les garnisons de ses châteaux et places fortes étaient composées de navarrais fidèle au roi de Navarre, et qui ne reconnaissait pas le roi de France.

[modifier] Voir aussi

[modifier] Notes

  1. Lucien Musset, "Naissance de la Normandie", dans Michel de Boüard, Histoire de la Normandie, Privat, Toulouse, 1970, p.115
  2. Lucien Musset, "Naissance de la Normandie", dans Michel de Boüard, Histoire de la Normandie, Privat, Toulouse, 1970, p.116
  3. David Bates, Normandy before 1066, Longman, Londres-New York, 1982, p.114
  4. David Douglas, The Earliest Norman Counts, The English Historical Review, vol. 61, n° 240 (mai 1946), p. 129-156
  5. ab Daniel Power, The Norman Frontier in the Twelfth and Early Thirteenth Centuries, Cambridge University Press, 2004, p. 58-61. (ISBN 0521571723)
  6. Lettres de Mathieu de Trie et de Simon de Lévis, Layettes du Trésor des chartes, tome V, n° 388, p. 129. [pdf] Archives nationales.
  7. Un acte d'Étienne mentionne qu'il tint sa cour de justice à Coutances.
  8. The Norman Frontier in the Twelfth and Early Thirteenth Centuries, id., p. 392
  9. The Norman Frontier in the Twelfth and Early Thirteenth Centuries, id., p. 459

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